Le Château d'Olonne au temps des colonies... de vacances

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La très populaire "colo" a marqué le XXe siècle jusque dans les années 70. Cette popularité explique le succès du "tube" de Pierre Perret.
Avec Croix-de-Vie, Le Château d'Olonne était une des communes vendéennes les plus attractives pour les colonies de vacances.

 

Caserne ou hôpital ?

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Créée en 1908, la première colonie de vacances est la Cité des pins maritimes. Elle accueille jusqu'à 400 enfants. Jean Neau, son fondateur, est directeur de l'école publique des Sables d'Olonne. Arrivant ici pour quatre à six semaines, les pensionnaires devaient être fort intimidés.
Le bâtiment est imposant d'austérité. On dirait une caserne ou un hôpital*. L'architecte Charles Charrier est pourtant dans le ton de l'époque, car jusqu'à la Première Guerre mondiale les colonies de vacances portent d'abord une vocation médicale et hygiéniste. En cette période de recrudescence de la tuberculose, l'enseignement de l'hygiène est prioritaire à l'école comme dans les colonies de vacances. Jeux et loisirs passent après.

*Et le bâtiment fera effectivement fonction
d'hôpital militaire lors des deux guerres mondiales.

 
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Henry Chéron, Sous-Secrétaire d'État à la Guerre entre 1906 et 1909, visite la "Cité des pins maritimes".
À la sortie du préau couvert, précise la carte postale.

 

Les années 30, l'âge d'or de "la colo"

Après guerre, en 1924, une nouvelle colonie est créée au nord de la route de Talmont pour les Pupilles de la Nation
À partir des années 30, les notions de projet sanitaire et éducatif se développent. Le mouvement a effet démultiplicateur. Nombre de colonies de vacances s'implantent à partir d'un parc immobilier préexistant. 
Ker Netra** en est le plus bel exemple, à la Pironnière. En 1933, l'Association des colonies de vacances de Clermont-Ferrand - Fondation Philippe Marcombes, député Radical-socialiste - achète ce pavillon de chasse néo-normand, une réalisation de l'architecte sablais Maurice Durand. Près de 150 enfants y sont aussitôt hébergés. Les extensions de 1934 et 1935 portent très vite la capacité d'accueil à 450 places.
Le préventorium de Saint-Jean d'Orbestier*** construit en 1934 pour soigner les tuberculeux sera aussi converti en colonie de vacances.

** Centre de vacances aujourd'hui, Ker Netra appartient toujours à la ville de Clermont-Ferrand.
*** Aujourd'hui, l'école Érea.

 

Du Front populaire à la Seconde Guerre mondiale

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La réserve Saint-Jean : aujourd'hui hôtel-restaurant Le Roc Saint-Jean.

 
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Inauguration de la colonie Ker Netra.

 
 


En accordant des aides financières substantielles, le Front populaire accélère le développement. En 1936, la ville d'Issy-les-Moulineaux transforme la villa Nina d'Asty en colonie.
La même année, la réserve Saint-Jean est transformée en centre familial de vacances.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 2 560 enfants de tous horizons de l'Hexagone fréquentent les colonies de vacances du Château d'Olonne.

 

Après les années 60, un lent déclin

Le boom économique des "Trente glorieuses" enrichit et bouleverse la société française. Les besoins des familles sont de moins en moins basiques. Dans les années 70, les activités sportives et ludiques gagnent les colonies de vacances... qui deviennent aussi payantes.
Parallèlement l'offre et les temps de loisirs se diversifient. Moins nécessaires socialement et moins aidées financièrement, les "colos" classiques s'éteignent une à une.

 

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